Phytophthora de l'Aulne

Bases de gestion face à Phytophthora Alni

Cette maladie se diffusant par des zoospores nageuses, les faciès lentiques sont plus favorables à l'infection des arbres car ils facilitent l'enkystement sur les racines. De plus, les zoospores survivent et se disséminent d'autant plus facilement que l'eau est chaude. L'organisme attaquant principalement par les racines, la mort de l'arbre survient par une réduction de sa capacité à s'hydrater.

Phytophthora AlniDans tous les cas, et comme c'est en général préconisé en matière de gestion d'espace naturel, l'approche systématique est à exclure notamment en matière d'abattage et de dessouchage. Outre les inconvénients majeurs que tous les gestionnaires de cours dʼeau connaissent bien, cela ne serait pas très utile puisque l'organisme peut se conserver un certain temps dans le sol. De même, les coupes préventives systématiques sont inutiles voir même dangereuses.

Même lorsqu'un arbre est totalement mort, il n'est pas indispensable de le couper s'il ne présente pas de danger particulier vis-à-vis de la fréquentation des berges ou sur le plan hydraulique. Mort, un arbre rendra encore de nombreux services écologiques.

Lorsqu'un arbre est infecté il est préférable de le recéper en totalité (ne pas conserver les tiges qui semblent saines);les jeunes rameaux seront d'autant plus vigoureux. C'est une conséquence normale du surdimensionnement temporaire du système racinaire resté sain, qui alimentera dans un premier temps, un houppier de taille modeste. Le sujet survivra plus longtemps que s'il n'avait pas été recépé.

S'il y a un long linéaire continu infesté, il serait préférable d'étaler le recépage sur plusieurs années en commençant par les sujets infestés les plus jeunes et/ou les plus faiblement infestés (ceux qui pourront le mieux survivre).

Mesures de gestion envisagées :
• Éclaircir éventuellement autour pour que la souche soit bien à la lumière ;
• Éviter une mise en lumière trop importante du cours d'eau qui favoriserait son réchauffement et la prolifération des zoospores;
• Dans la cas de peuplements mono-spécifiques d'aulnes, essayer de favoriser une diversification inter-spécifique,en dégageant des semis naturels d'autres espèces, voir en plantant d'autres essences (en faisant attention à la provenance des plants).

Comme souvent dans les cas de maladie, le meilleur moyen de contenir le mal est d'instiguer des mesures prophylactiques sur les chantiers. En effet, le passage de l'entreprise d'une zone contaminée à une zone saine pourrait être un formidable vecteur de dispersion, via les outils, engin, bottes etc.

Mesures à envisager :
• Réaliser en premier les travaux sur les zones saines et en second les travaux sur les zones contaminées (si identifiées préalablement) ;
• Sur un secteur contaminé, dans la même logique, travailler de la zone saine vers la zone contaminée;
• Brûler les déchets de coupe des arbres contaminés;
• Nettoyer à l'eau bottes et outils (sur la zone déjà contaminée ou loin du cours d'eau) ;
• Éviter de stationner les véhicules et engins dans les zones contaminées sinon les nettoyer  car les roues et bas de caisse peuvent contenir des matériaux terreux ou débris végétaux contaminés.

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